Je suis un vieux blasé aigri, et je vous en veux.
À quoi cela sert-il d’écrire encore ici ? Je vous le demande.
Entre les écrits, les miens et ceux des autres, et ce que j’ai vu dans le monde de l’entreprise un gouffre, un abysse. Écrivez-vous honnêtement ? Je vous en veux, si chacun avait, ne serait-ce qu’un peu, tenu bon sur ses appuis, on n’en serait peut-être pas là. Ou peut-être que pire, on en serait quand même là, MAIS on se sentirait mieux d’avoir essayé. Enfin, pour tout vous dire, moi je me sens bien (blasé, aigri et heureux car j’ai essayé).
Bon j’ai encore des poussées de colère quand je lis qu’au contraire, pour noyer bébé avec l’eau du bain, on est tellement mauvais que l’on commence à dire que ceux qui avaient tort ont raison, oui ça me hérisse. SAFe IA, SAFe, je ne fais pas une fixette (un peu quand même), mais c’est l’éléphant au milieu de la pièce c’est tout. J’ai vu passer un article, “ouais en fait c’est pas si mal”, “oui moi qui suis une référence j’ai aussi changé d’avis”. On va se calmer les copains. A) vous n’êtes pas des références1, B) SAFe est toujours aussi pourri C) si vous aviez un tant soit peu d’expérience sur le sujet vous sauriez que ce que vous aimez dans SAFe ne vient pas de SAFe. Oui SAFe a des bons points : il encourage le management à investir en le rassurant, avec un accord faustien, etc etc enfin bon j’ai déjà écrit cela y’a 10 ans mais bon sang faut arrêter d’écrire et tout abandonner.
On a vraiment essayé, un petit groupe, (qui m’octroie le droit de décider de qui de quand ? Mon petit doigt et tu peux arrêter de lire si tu veux), et peu de gens nous ont aidés. Peu de gens ont fait ce pas en avant pour tenir une position qui aurait amené du bien plus tard. Et c’est probablement normal. Quand on a besoin de payer un loyer, de manger, quand on est amoureux de sa cheffe tyrannique top down on applique ses directives, la douceur de son chef complètement mou du genou on n’ose pas la secouer, quand il faut réussir à trouver un taf pour fuir sa famille ou son pays, c’est bien normal dans ce cas de ne pas avoir essayé. Mais les autres ? Il y en a quand même pas mal. Vous aviez mille petits choix importants vers le progrès, ou a minima l’inconnu, et rien. Comme je vous comprends et en même temps je ne vous comprends pas.
Ce que je sais c’est que sur le moment l’empreinte de l’habitude, de la politique, ou celle de la peur, du stress, est trop forte, trop lourde. Sur le moment c’est impossible, je comprends. Il faut donc se muscler à ne pas se faire happer par l’habitude, la peur, la politique. Il faudrait commencer dès maintenant à prendre quelques décisions, à agir de quelques façons, qui soient fondées sur des convictions, sur des prises de risques.
Pour être prêt le moment où cela va compter à nouveau.
Tiens faudrait parler de réputation et de e-reputation.